Le bruant ortolan (espèce protégée)

Publié le par Maurey

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La LPO, présente aujourd’hui sur le terrain, dénonce cette situation de non droit.

Parties à 7h du matin pour constater sur le terrain si le braconnage du bruant ortolan perdurait dans les Landes, les équipes de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et de la Société d’étude et de protection de la nature du Sud-Ouest (SEPANSO) ont constaté que cette activité illégale se poursuivait sans que la gendarmerie et les gardes de l’ONCFS n’interviennent.

L’un des groupes d’observateurs conduit par Allain Bougrain Dubourg et accompagné d’une équipe TV de TF1 s’est fait agresser par des braconniers (le caméraman a été frappé à la tête par un coup de bâton). Plus tard, c’est une autre équipe de la LPO qui s’est vue menacer par des individus munis de couteaux. Elle s’est repliée à la gendarmerie de Tartas.

Durant l’opération Allain Bougrain Dubourg a libéré des oiseaux tout juste piégés et des ortolans faisant office d’appelants.

Déjà l’année dernière à la même époque, la LPO avait dénoncé ce braconnage qui semble être ‘toléré’, bien qu’interdit.

Portant plainte le 7 septembre 2006, la LPO a appris que les gardes de l’ONCFS ne sont intervenus que le 27 septembre, soit 20 jours après les infractions constatées.
Toutes les plaintes ont été classées sans suite...

Pour que pareille chose ne se reproduise ni cette année ni à l’avenir, Allain Bougrain Dubourg a immédiatement contacté Nathalie Kosciusko Morisset, Secrétaire d’Etat auprès du MEDAD, cette dernière lui a assuré que le dossier serait sur le bureau du Ministre d’état Jean-Louis Borloo, dés lundi matin.

La LPO rappelle que le nombre de braconniers en Aquitaine est estimé entre 1 000 et 1 500 individus qui agissent de la mi-août à la fin septembre prélevant ainsi plus de 30 000 ortolans alors que l’espèce a décliné de 30 % durant la dernière décennie.

Braconnage organisé et toléré

Pour la petite histoire, le bruant ortolan ne bénéficiait d’aucun statut réglementaire de protection avant 1999. L’Etat français avait "oublié" de le classer parmi les espèces d’oiseaux protégées... Pourquoi ? Une "tradition" a encore cours dans les Landes et le nord des Pyrénées-Atlantiques, qui consiste à capturer ces oiseaux au moment de leur migration d’automne puis à les manger. Les pièges, appelés "tenderies" ou "matoles", disposent de 5 à 10 appelants (bruants ortolans vivants, maintenus dans de petites cages, et dont les cris d’appel attirent les individus sauvages). Les oiseaux capturés sont mis en cage et engraissés à l’extrême. Ce braconnage choquant est pratiqué de nos jours par au moins 1 500 braconniers, qui placent leurs oiseaux à engraisser chez des engraisseurs spécialisés. Les oiseaux sont ensuite vendus à de grands restaurateurs, à Paris comme à New York. Ce braconnage est lucratif : la valeur marchande clandestine d’un ortolan est de 100 à 150 euros, et l’appât du gain est ici un argument bien plus déterminant qu’une simple "tradition" obsolète.

Yann Maurey

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