S'initier à la migration des oiseaux avec l'eurobirdwatch
Les 6 et 7 octobre prochains, la LPO donne rendez-vous au grand public sur plus d’une cinquantaine de sites en France, dans le cadre de la manifestation européenne Eurobirdwatch. Au programme : observation de la migration des oiseaux en compagnie d’ornithologues.
Initié depuis 1993 par BirdLife International, dont la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) est le représentant officiel en France, l’Eurobirdwatch est coordonné par cette dernière sur notre territoire et par BirdLife Suisse en Europe. Ces journées européennes de la migration des 7 et 8 octobre permettront de faire découvrir au grand public le phénomène spectaculaire et encore très mystérieux de la migration des oiseaux. La saison est en effet idéale pour s’initier à ce secret du monde animal puisque la migration des oiseaux, dite postnuptiale ou d’automne, bat alors son plein. La période de reproduction est terminée et de nombreuses espèces d’oiseaux de France, du nord et de l’ouest de l’Europe (rapaces, passereaux, oiseaux d’eau, oiseaux marins...) gagnent leurs quartiers d’hivernage méditerranéens ou africains.
En France, la LPO et de nombreuses associations partenaires* proposent aux curieux de nature d’accéder librement et gratuitement à plus d’une cinquantaine de sites d’observation et d’animation. Ornithologues, animateurs et bénévoles attendent les visiteurs pour repérer, identifier et dénombrer avec eux les oiseaux en migration active ou en halte migratoire.
Cet événement permettra à tous les publics de découvrir le phénomène naturel et fascinant de la migration et de participer à la protection de ces précieux indicateurs de biodiversité que sont les oiseaux.
* Dont Picardie Nature, OCL (Organbidexka Col Libre), le Groupe ornithologique de Corse, le GONm (Groupe ornithologique normand).
Quels oiseaux observer ?
Quelques exemples : linottes et pinsons en Vendée, canards en Vienne, alouettes, grosbecs et grives dans la Loire, oiseaux marins dans le Finistère, pigeons, pinsons, alouettes et milans royaux en Auvergne, grues en Champagne-Ardenne, rapaces, pigeons, hirondelles dans l’Aude, courlis, tadornes et bécasseaux en Charente-Maritime...
et beaucoup d’autres espèces d’oiseaux encore.
La migration en chiffres
La sterne arctique parcourt près de 40 000 kilomètres aller-retour, de la Scandinavie à
l’Antarctique, et l’hirondelle rustique jusqu’à 15 000 kilomètres aller-retour entre la France
et l’Afrique équatoriale. Le combattant varié effectue, quant à lui, un voyage sans escale de 4 250 kilomètres du Sénégal à l’Italie du Nord, en 40 à 60 heures.
Les oiseaux en migration sont capables de voler très vite, jusqu’à 100 km/h pour la grue
cendrée, 75 km/h pour l’étourneau sansonnet, 71 km/h pour la tourterelle des bois, 69 km/h pour les oies, 58 km/h pour l’hirondelle rustique et 52 km/h pour le pinson des arbres.
Enfin, l’altitude en vol varie énormément selon les espèces, la moyenne se situant entre
1 000 et 1 500 mètres. Tandis que beaucoup se situent entre 100 et 300 mètres, d’autres
volent bien au-dessus. Ainsi, certaines oies survolent l’Himalaya à plus de 8 000 mètres
d’altitude !
Yann Maurey