Campagne d'appel à dons"migration"
Deux fois par an, la France devient le carrefour des migrations d’oiseaux. Mais, aux menaces naturelles auxquelles sont confrontés les oiseaux qui survolent ou font halte sur notre territoire, s’ajoutent celles liées à l’homme. Afin d’améliorer la protection des oiseaux migrateurs, la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) se mobilise en lançant une campagne d’appel à dons « migration » à destination du grand public.
Deux fois par an, le ciel de France présente un spectacle naturel extraordinaire, impliquant des dizaines de millions d’acteurs : la migration des oiseaux. Depuis toujours, ce phénomène fascine l’homme, l’invite au rêve et au voyage.
De par sa situation géographique, la diversité de ses espaces et la nature de ses vents, la France représente un carrefour de migration d’oiseaux. Malheureusement, notre territoire n’est pas toujours très hospitalier.
Tout au long de leur périple, les oiseaux doivent affronter des risques naturels (intempéries, brouillard, vents contraires, tempêtes de sable), auxquels s’ajoutent, depuis 50 ans, des menaces toujours plus importantes liées aux activités humaines (destruction d’habitats, pollutions marines, braconnage, insuffisance de ressources alimentaires en raison de l’utilisation intensive de pesticides, pollution lumineuse, éoliennes, électrocution, collisions). Sans oublier, les conséquences des changements climatiques.
Or, la majorité des espèces d’oiseaux présentes en France sont migratrices. Leur avenir dans notre pays et en Europe reste donc étroitement conditionné au bon déroulement de leurs migrations.
A cette fin, La LPO se mobilise en lançant une campagne d’appel à dons « migration » à destination du grand public avec quatre objectifs :
- sensibiliser les citoyens à la migration des oiseaux
Parce que le spectacle naturel et extraordinaire de la migration ne doit pas profiter aux seuls spécialistes, la LPO veut partager sa passion et sa connaissance du terrain. De plus, comme on ne protège bien que ce que l’on aime, l’avenir des oiseaux migrateurs dépend donc aussi de leur découverte par le plus grand nombre. A cette fin, la LPO souhaite, par exemple, organiser des événements fédérateurs sur le phénomène, réaliser une exposition pédagogique, mettre en place des panneaux d’accueil sur les sites de migration et créer une malle pédagogique pour les scolaires.
- améliorer les connaissances sur la migration
Malgré des programmes d’identification, de comptage, de baguage, de suivi par radar ou par balise Argos, de nombreuses lacunes demeurent. La LPO souhaite donc acquérir de nouvelles données fiables sur la migration en France, au travers, notamment, d’observations sur le terrain.
- renforcer la protection des sites de halte migratoire et des voies de passage
Indispensables à la survie des oiseaux migrateurs, les sites de halte et les voies de passage migratoires se raréfient et se morcellent sous l’effet du déclin des milieux naturels en France. La LPO entend donc assurer la protection effective de ces sites. Objectifs : surveiller sur le terrain durant les périodes de migration, engager des actions de communication et des recours juridiques et, pour les sites ne disposant pas d’un statut de protection, assurer ou compléter leur mise en protection.
- diffuser et partager les savoirs et les expériences
La LPO veut contribuer à la mise en réseau de tous les citoyens et structures qui se mobilisent pour les oiseaux migrateurs, en mettant, notamment, à la disposition de tous, des outils accessibles et performants d’échanges et de partage.
Composante à part entière de la biodiversité, les oiseaux migrateurs méritent toute notre attention. La LPO compte sur vous pour l’aider à les protéger.
En vous associant à notre engagement, vous nous donnerez les moyens d’enrichir les connaissances pour préserver le peuple migrateur.
La migration correspond à un déplacement aller-retour bisannuel des oiseaux, souvent sur des milliers de kilomètres, principalement sur un axe nord-est/sud-ouest. Il existe deux migrations par an. La première, dite migration « de printemps », de « retour » ou encore « prénuptiale », se déroule de février à mai. Les oiseaux se déplacent alors vers leur aire de reproduction. Durant la seconde, dite migration « d’automne », de « départ » ou encore « postnuptiale », qui se produit de la fin juin à la fin novembre, les oiseaux se rendent sur leur aire d’hivernage. La raréfaction ou la disparition de la nourriture, du fait de l’alternance des saisons, ou de la neige et du gel recouvrant le sol ou les plans d’eau, conditionnent le départ des oiseaux en migration vers des lieux où les ressources alimentaires sont abondantes. Pour expliquer l’orientation des oiseaux migrateurs, les scientifiques avancent plusieurs hypothèses : les oiseaux utiliseraient des repères visuels (montagnes, fleuves…), des repères astronomiques (soleil pour les migrateurs diurnes, étoiles pour les migrateurs nocturnes) ainsi que le champ magnétique terrestre.
La sterne arctique parcourt près de 40 000 kilomètres aller-retour, de la Scandinavie à l’Antarctique, et l’hirondelle rustique jusqu’à 15 000 kilomètres aller-retour entre la France et l’Afrique équatoriale. Le combattant varié effectue, quant à lui, un voyage sans escale de 4 250 kilomètres du Sénégal à l’Italie du Nord, en 40 à 60 heures.
Les oiseaux en migration sont capables de voler très vite, jusqu’à 100 km/h pour la grue cendrée, 75 km/h pour l’étourneau sansonnet, 71 km/h pour la tourterelle des bois, 69 km/h pour les oies, 58 km/h pour l’hirondelle rustique et 52 km/h pour le pinson des arbres.
Enfin, l’altitude en vol varie énormément selon les espèces, la moyenne se situant entre 1 000 et 1 500 mètres. Tandis que beaucoup se situent entre 100 et 300 mètres, d’autres volent bien au-dessus. Ainsi, certaines oies survolent l’Himalaya à plus de 8 000 mètres d’altitude !
Sous l’impulsion de la LPO, sept associations*, appuyées par des experts indépendants, se sont concertées en 2006 afin de mettre en place un plan d’actions sur cinq ans. Objectif : améliorer et pérenniser la protection des espèces migratrices. Cette mobilisation conjointe a donné naissance à la « Mission Migration », réseau rassemblant tous les acteurs (structures ou particuliers) intéressés par la migration des oiseaux. Le comité de pilotage de cette mission, composé de représentants des sept associations fondatrices, s’est donné comme objectif, en 2007, de créer des outils de mise en réseau afin de mutualiser et de partager les connaissances, les savoirs et les expériences relatifs à la migration. Un site Internet et une base de données ont ainsi été créés et constituent un outil performant unique en France. Dès 2008, la Mission Migration souhaite passer à la phase opérationnelle de son programme : développer des suivis de terrain, analyser les enjeux de conservation, conduire des actions de protection et impliquer les citoyens.
Plus d’informations : www.migraction.net (à partir du 1er janvier 2008)
*Réseau LPO, OCL (Organbidexka Col Libre), CORA (Centre ornithologique Rhône-Alpes), GONm (Groupe ornithologique normand), Le Clipon, GOC (Groupe ornithologique corse), Picardie Nature.
Yann Maurey