Les Hirondelles de fenêtres à Saint Tropez

C’est une espèce migratrice, visiteuse d’été, qui arrive dans nos régions courant avril, et nous quitte vers la fin du mois de septembre, pour aller hiverner en Afrique occidentale, centrale et méridionale. Depuis 2000, l’espèce a été signalée comme hivernante occasionnelle en France, puisqu’elle a été observée de décembre à février, en différents points de notre pays. Statut juridique: Espèce intégralement protégée
Ce qui rend l’Hirondelle de fenêtre facilement reconnaissable, c’est la grande tâche blanche qu’elle a au croupion, et que l’on peut voir de loin. Le dessus des ailes est noir ; la calotte, le dos et les épaules sont d’un bleu-noir luisant, à reflets métalliques. Le dessous du corps est blanc, et même les pattes sont emplumées de blanc. L’Hirondelle de fenêtre porte une courte queue noire, moyennement fourchue, mais sans filets (contrairement à l’Hirondelle rustique). Mâle et femelle sont identiques, en revanche les jeunes sont plus ternes, avec le dessus du corps brun, teinté de reflets bleus, et le dessous blanc sale. L’Hirondelle de fenêtre ne vole pas telle une flèche, à la différence de l’Hirondelle rustique, elle volette davantage, avec de fréquents et parfois longs planés, ailes étendues, souvent selon une trajectoire légèrement circulaire et avec un rythme calme.
L’Hirondelle de fenêtre est une citadine, comme l’indique la partie latine de son nom scientifique (urbica, « de la ville »). En effet, de très nombreuses colonies sont installées au cœur des villes. Mais plus l’agglomération s’étend, plus l’Hirondelle de fenêtre a tendance à préférer sa périphérie. Elle niche également dans les zones rocheuses de régions inhabitées (sur les falaises), au cœur de nombreux petits villages et de fermes ou bâtiments isolés. En montagne, elle est présente jusqu’à plus de 2 000 mètres d’altitude. L’Hirondelle de fenêtre ne craint pas l’homme et s’installe généralement à l’extérieur des maisons, aux encoignures des fenêtres (d’où son nom français), sous les gouttières, sous les avancées de toit ou les terrasses, mais aussi dans les bâtiments (comme les étables, les écuries, les garages, etc.) ou sous les arches d’un pont. Elle a cependant toujours besoin d’être à proximité d’une zone humide où elle puisse trouver l’élément essentiel à la construction de son nid : la boue. L’Hirondelle de fenêtre se nourrit exclusivement de petits insectes ailés (ses proies mesurent en moyenne 3,5 millimètres). Elle chasse en altitude, à une vingtaine de mètres en moyenne, et même souvent à plus de 100 mètres de hauteur par beau temps. Elle peut rechercher sa nourriture jusqu’à plusieurs kilomètres de son lieu d’habitation, mais elle chasse généralement dans un rayon de 500 mètres. Comme l’Hirondelle rustique, l’Hirondelle de fenêtre boit et se baigne en volant, rasant pour cela la surface de l’eau. L’Hirondelle de fenêtre niche en colonies, parfois très importantes, comprenant plusieurs dizaines (voire plusieurs centaines) de nids, généralement collés les uns près des autres. Le nid en forme de coupe est maçonné par les deux parents, qui assemblent des boulettes de terre humide (généralement de l’argile), de fins graviers et des fétus de paille. L’intérieur est tapissé de plumes. Accolé à son surplomb, le nid est presque entièrement fermé, les parents ne laissant subsister qu’un simple trou d’envol. La construction du nid dure en moyenne 10,4 jours (contre 3,5 jours s’il s’agit simplement de restaurer un ancien nid). L’Hirondelle de fenêtre est très fidèle à son site de nidification, elle y revient chaque année (7 à 12 % des couples réutilisent même le nid occupé l’année précédente). Elle effectue 2 couvées, l’une fin mai-début juin, l’autre en juillet (ou même en août). Les 4 ou 5 œufs blanc pur (dimensions : 18,5 x 13 millimètres) sont couvés à tour de rôle par le mâle et la femelle, pendant 15 à 16 jours. Les jeunes séjournent au nid pendant une durée allant de 3 semaines à 1 mois. Ils peuvent ensuite aider leurs parents lors de l’élevage de la nichée suivante. Dès la fin du mois d’août, et jusqu’au début d’octobre, les jeunes puis les adultes se rassemblent sur les fils électriques, annonçant ainsi l’imminence de leur départ pour l’Afrique. L’effectif des Hirondelles de fenêtre en France avoisine le million de couples. Mais l’espèce est en déclin en France (où la population a chuté de 40 % en vingt ans) comme dans de nombreux pays européens. Les principales difficultés rencontrées par l’Hirondelle de fenêtre sont la pollution atmosphérique, l’usage massif des pesticides (qui font disparaître les insectes) et l’inhospitalité des façades des maisons modernes, voire l’inhospitalité des habitants eux-mêmes : chaque année, on constate de nombreuses destructions illégales de nids d’hirondelles comme par exemple dans la Ville de Cavalaire/Mer où une gendarmette a obturé tous les nids d’hirondelles de sa maison (il est beau l’exemple pour des gens qui font appliquer les lois), même si cette infraction est passible d'une amende de 9 000 euros et d'une peine d'emprisonnement de six mois. Pourtant, si l’on souhaite éviter toute salissure sur les façades, occasionnée par les fientes des Hirondelles, ou sois disant par peur de la Grippe Aviaire ce qui a motivé la gendarmette dans l’obturation des nids de la maison. Il suffit d’installer des planchettes sous les nids. L’Hirondelle de fenêtre souffre également de la disparition des vieux quartiers avec leurs coins humides, des abreuvoirs, des sentiers boueux et des mares, qui lui fournissaient la boue nécessaire à la construction de son nid. De plus, l’élevage de la seconde nichée peut parfois se prolonger jusqu’à mi-octobre, ce qui fait courir aux Hirondelles de fenêtre le risque d’une hécatombe en cas de froid précoce.
L’effectif des Hirondelles de fenêtre à St Tropez est en nette diminution comparé aux années précédentes. Cette année, une première colonie s’est installée de nouveau dans la Rue Quaranta (24 nids dont 10 occupés) soit 28 Hirondelles de fenêtre. L’année dernière elles étaient arrivées au nombre de 43 et avaient occupé 20 nids. Nous en serons plus bientôt, actuellement elles sont à leur première ponte. La seconde ponte sera prévue en Juillet dans la Rue Quaranta.
Une autre colonie peu nombreuse est en train de se former dans la Zone Artisanale St Claude. Nous pouvons donc constater suite à mes observations que les effectifs d’Hirondelles de fenêtre à St Tropez on diminué de 39 % depuis l’année dernière. Il faudra attendre la mi-septembre pour avoir une idée plus précise des effectifs.
Concernant les Hirondelles Rustiques (Hirundo rustica) elles ont déserté le Village pour se concentrer vers la Plaine des Salins qu’elles trouvent très attractive depuis que l’Etang reste en eau donc (Eau et nourriture à profusion).
Yann