Le Vautour Percnoptère regagne du terrain dans le Sud Est

GRÂCE À UN PROGRAMME EUROPÉEN « LIFE NATURE »,
LE VAUTOUR PERCNOPTÈRE REGAGNE DU TERRAIN DANS LE
SUD-EST DE LA FRANCE
Alors que l’avenir des vautours en Europe semble aujourd’hui plus qu’incertain, le vautour
percnoptère fait figure d’exception. Sur notre territoire, ses effectifs gagnent du terrain, grâce,
notamment, à un programme LIFE Nature engagé en sa faveur dans le Sud-est de la France.
Arrivé à son terme, ce dernier présente des résultats encourageants.
Ce programme européen a été mis en œuvre pour éviter la disparition d’un des deux noyaux (Sud-est) de
la population française de vautours percnoptères, encourager le retour d’individus et l’installation de
couples dans les sites où il avait disparu. En effet, alors que le noyau pyrénéen semblait stable avec 50
à 60 couples, celui situé dans le Sud-est a connu un déclin de 50 % en 50 ans. Il était donc urgent d’agir.
Au terme de cinq d’actions, ce programme financé par la Commission Européenne et coordonné par la
LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), avec la participation de partenaires techniques, scientifiques
et financiers, a atteint tous ses objectifs avec :
- l’installation de nouveaux couples de vautours :
la restauration des ressources alimentaires de l’espèce : avec la construction de 42 placettes
d’alimentation et la distribution de plus de 143 000 kg de denrées alimentaires sur les 54 aires de
nourrissage présentes dans les zones d’intervention du Life ;
-
la pérennisation des actions : avec la désignation de deux nouvelles Zone de Protection Spéciale (ZPS)
(« Garrigues de Lussan », « Alpilles ») et l’extension de trois autres (« Basse Ardèche », « Marais entre
Crau et Grand Rhône », « Pays de Sault) ;
-
la valorisation des actions : avec plus de 440 animations sur les enjeux de préservation de l’espèce (soit
15 animations par an et par site en moyenne) pour un auditoire de plus de 10 000 personnes ;
-
les opérations de suivi et de surveillance : de l’attractivité des placettes d’alimentation (plus de 5 400
photographies du vautour percnoptère), des aires de reproduction (plus de 11 300 heures de
mobilisation assurées par plus de 120 surveillants).
Ce programme a donc permis d’enrayer la baisse des effectifs du vautour percnoptère, de favoriser son
retour dans le Sud-est de la France, et de lui permettre de regagner du terrain en France. En l’espace de
8 ans, l’espèce a ainsi enregistré une progression de 22 %. En 2007, elle comptait 87 couples contre
environ 70 en 1999.
Contrairement aux populations françaises, celles situées ailleurs en Europe ont connu, ces 40 dernières
années, un déclin supérieur à 50 %, notamment dans le Sud-est du continent (Bulgarie, Italie,
Yougoslavie, Croatie, Macédoine). En Grèce, sa population s’est effondrée de plus de 80 %, ces
dernières années. Il a aujourd’hui disparu de Bosnie et de Serbie.
Le vautour percnoptère doit donc être globalement protégé au niveau de son aire endémique de
répartition. C’est pourquoi, la LPO envisage de poursuivre son action en renforçant les liens entre
experts au niveau international et en lui consacrant un nouveau plan d’actions national, et un plan
d’actions international.
Les partenaires du LIFE
Financé pour moitié par la Commission Européenne (soit plus d’un million d’euros), il a été conduit sur
cinq ans (septembre 2003-avril 2008) dans 3 régions (Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte D’azur,
Rhône-Alpes) et 5 départements (Ardèche, Aude, Bouches-du-Rhône, Gard, Vaucluse). Coordonné par
la LPO, il a nécessité la participation de 5 opérateurs locaux qui ont assuré la mise en œuvre des plans
d’actions (la LPO Aude, le Centre Ornithologique Rhône-Alpes-CORA, le Groupe de Recherche et
d’Information sur les Vertébrés et leur Environnement-GRIVE, remplacé ensuite par le Syndicat Mixte
des Gorges du Gardon-SMGG, le Parc Naturel Régional du Luberon, le Conservatoire – Etudes des
Ecosystèmes de Provence-CEEP) et deux partenaires scientifiques qui ont pris en charge les analyses et
les suivis scientifiques (le Centre National d’Informations Toxicologiques Vétérinaires-CNITV, le Centre
National de Recherche Scientifique-CNRS). Ce projet a également été soutenu par différents
partenaires financiers (la Direction Régionale de l’Environnement (DIREN) du Languedoc-Roussillon, la
DIREN de la région PACA, la DIREN de la région Rhône-Alpes, le Conseil Régional PACA, le Conseil
Régional Rhône-Alpes, le Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, le Ministère de l’Ecologie, de
l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire), les fonds propres des
opérateurs, de la LPO et la généreuse contribution des donateurs LPO.
Le vautour percnoptère : un rapace migrateur mondialement
menacé
Seul vautour migrateur, il passe l’hiver en Afrique sahélienne avant de rejoindre les
Pyrénées-Atlantiques, des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Garonne, de l’Ariège, des
Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Aveyron, de la Lozère, du Gard, de l’Hérault, de
l’Ardèche, des Bouches-du-Rhône, de la Drôme et du Vaucluse où 87 couples nichaient en 2007. Ce
petit nécrophage figure désormais dans la catégorie des espèces « en danger » de disparition, sur la
Liste Rouge de l’UICN, car il est mondialement menacé par la disparition de son alimentation,
l’empoisonnement, la chasse aux trophées, le pillage de nids et les dangers rencontrés lors de sa
migration et de son hivernage en Afrique.
Plus d’informations sur les vautours :
Plaquette "Bilan et perspectives. LIFE vautour percnoptère", téléchargeable sur le site Internet de la
LPO.
Dossier de presse : "Les vautours, alliés indispensables et fragiles du pastoralisme", téléchargeable
sur le site Internet de la LPO :
http://www.lpo.fr/docs DPLPOLesvautoursalliesindispensablesetfragilesdupastoralisme.pdf
Claire LUX
Attachée de presse LPO
06 34 12 50 69
Pascal ORABI
LPO Mission rapaces
06 73 41 03 16
Yann Maurey
Bouches du Rhône, Gard et Vaucluse), ce qui porte leur nombre à 16 en 2007 contre 8 en 2002, et 5
dans le Sud-est de la France (Hérault, Aveyron, Tarn, Lozère, Ardèche, Gard, Drôme, Isère, Vaucluse,
Alpes de Haute-Provence), ce qui fait passer leur nombre de 15 en 2002 à 20 en 2007.
-