L'eider à duvet et le faucon pèlerin de retour dans l'archipel des Sept-Iles
Avec plus de 23 000 couples, la réserve naturelle nationale des Sept-Iles, située à Perros-Guirec (Côtes d’Armor), héberge les plus importantes colonies d’oiseaux marins de France métropolitaine auxquelles sont venus s’ajouter, cette année, l’eider à duvet et le faucon pèlerin.
Créée en 1912 par la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), cette réserve abrite aujourd’hui 18 espèces d’oiseaux, dont plusieurs espèces marines rares en France, comme le macareux moine (145 couples nicheurs), emblème de la LPO, le pingouin torda (24 couples nicheurs) et l’unique colonie française de fou de Bassan (environ 20 000 couples nicheurs). Depuis le début de cette année, deux nouvelles espèces sont venues nicher dans l’archipel.
Un couple nicheur d’eider à duvet a pu être observé pour la première fois le 21 mai et un nid découvert le 26 juin sur l’île aux Moines, alors même ce canard marin ne s’était plus reproduit sur le territoire national depuis la marée noire de l’Erika !
Un couple nicheur de faucon pèlerin a également été découvert dans l’archipel le 20 mai dernier, lors d’un comptage de macareux moines, alors qu’aucune reproduction n’avait été enregistrée dans la réserve depuis les années 1950. Ce rapace a entrepris la reconquête de la Bretagne voilà dix ans (10 couples reproducteurs en 2007). L’espèce est aujourd’hui protégée, alors qu’autrefois ses poussins étaient systématiquement capturés au nid. C’est cette protection, et la surveillance quotidienne de l’archipel par la LPO, qui ont donc permis à ce couple d’élever un jeune qui a depuis pris son envol !
Grâce à son statut de réserve, qui lui garantit surveillance et protection, l’archipel des Sept-Iles est devenu un paradis pour les oiseaux marins de France métropolitaine. Souhaitons qu’il accueille encore, à l’avenir, nombre de nos amis ailés !
Afin de mettre un terme au massacre des macareux moines, tirés comme loisir en très grand nombre dans les Côtes d'Armor au début du XXe siècle, la LPO a crée en 1912 le premier espace protégé français de droit privé : la réserve ornithologique des Sept-Îles au large de Perros-Guirec. Devenue réserve naturelle nationale, elle abrite aujourd'hui la plus importante colonie d’oiseaux de mer de France métropolitaine ainsi qu’un groupe d’une vingtaine de phoques gris.
La LPO, gestionnaire de la réserve, organise des visites guidées en bateau pour les observer (en août : les mardis, jeudi et samedi), tandis qu’un centre d’accueil et d’information accueille le public sur la côte : la Station LPO de l’Ile Grande, à Pleumeur Bodou. Ce site abrite également un centre de sauvegarde pour les oiseaux en détresse.
Renseignements et réservations : 02 96 91 91 40
(Par ordre alphabétique, en nombre de couples)
Cormoran huppé 206
Eider à duvet 1
Fous de Bassan 20 000 (environ)
Fulmar boréal 76
Goéland argenté 1930
Goéland brun 820
Goéland marin 81
Grand cormoran 10
Guillemot de Troïl 14
Huîtrier pie 51
Macareux moine 145
Océanite tempête 50
Pingouin torda 24
Puffin des anglais 159
Sterne pierregarin 9
Tadorne de Belon 3
L’eider à duvet
C’est un canard très répandu sur les côtes scandinaves et islandaises, réputé pour la qualité de son duvet, dont on faisait les édredons. Le mâle est blanc avec le ventre, la queue et le dessus de la tête noir. La femelle se fait discrète pour couver sur son nid, grâce à son plumage brun, rayé de noir. C’est une espèce connue en France notamment en hiver, avec un effectif très variable qui n’excède pas 2 000 individus et se concentre surtout dans les îles Chausey (Normandie). Cette espèce bénéficie depuis le 30 juillet dernier d’un moratoire de cinq ans sur la chasse.
Le faucon pèlerin
Ce rapace diurne se caractérise par un corps de corpulence modeste, à la fois effilé et compact, une coloration gris-bleu métallique une tête ronde, un bec crochu et court, et des yeux noirs. En France, il occupe un territoire situé au sud d'un axe Metz / Biarritz mais également les côtes normandes, bretonnes et du nord du pays, qu’il colonise à nouveau depuis une dizaine d’années. Actuellement, son aire de répartition ressemble à celle qui existait avant le déclin des effectifs de sa population, mais le nombre de sites de reproduction occupés reste largement inférieur. La dernière enquête, réalisée entre 2000 et 2002, estime la population nicheuse à 1 250 couples.
Yann Maurey