Milan royal : une chute vertigineuse des effectifs nicheurs

Publié le par Maurey



  
 
Il y a encore 20 ans, le Milan royal était un rapace commun. Aujourd’hui, il est gravement menacé. Une enquête réalisée en 2008, en France, révèle une chute de 21 % des effectifs nicheurs en 6 ans. Les ornithologues et la LPO sont particulièrement inquiets pour le Milan royal, dont la France abrite la deuxième population de ce rapace européen.
 
En 2000-2002, la population française de Milans royaux était estimée à 3000-3900 couples. Aujourd’hui, elle ne compte plus que 2650 couples nicheurs, soit une chute de 21% des effectifs en 6 ans. Tel est le résultat de l’enquête nationale menée en 2008.
 
Victime de la dégradation de son habitat (liée aux modifications des pratiques agricoles), de persécutions directes (empoisonnement et tir) ou encore de collisions, le Milan royal figure désormais parmi les espèces vulnérables* en France.
 
Dans les années 90, le Milan royal avait déjà connu un déclin préoccupant de ses effectifs. L’espèce avait alors quasiment disparu du Nord-Est de la France. Une mobilisation sans précédent des associations de protection de la nature s’était alors mise en place afin d’enrayer ce déclin.
 
Dans ce même objectif, un plan national de restauration sur l’espèce a également été élaboré et mis en œuvre, dès 2003, sous l’égide du Ministère de l’Ecologie. Mais, malgré les efforts déployés, le constat est sans appel : la population de Milans royaux continue de s’effondrer.
 
Cette situation est d’autant plus inquiétante que le Milan royal n’est présent qu’en Europe. Or, la France abrite la deuxième population nicheuse, en effectif, après l’Allemagne. Notre pays a donc un rôle primordial et une responsabilité immense vis-à-vis de la préservation de ce rapace prestigieux.
 
Dans ce contexte préoccupant, et alors que l’Europe veut ré-autoriser l’utilisation à des fins agricoles de produits phytosanitaires (tels que la bromadiolone) hautement nocifs pour les rapaces en général et pour les milans en particuliers, la LPO réclame que des mesures concrètes soient rapidement mises en œuvre pour restaurer et préserver l’habitat du Milan royal en France. Elle vient, notamment, de solliciter Bruno Lemaire, ministre de l’Agriculture, et Chantal Jouanno, secrétaire d’état à l’environnement, afin que des produits anticoagulants, comme le Difenacoum ou Brodifacoum, qui impactent gravement le milan, ne soit pas utilisés.

Yann Maurey

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